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Qui sommes nous ?

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Depuis 1992, date de sa création à Paris, l’association Circuit Court met en synergie un travail de production, la diffusion d’œuvres novatrices et l’émergence d’écritures audiovisuelles singulières. Elle participe, de ce fait, activement au renouveau de la création.

Au départ Circuit Court était plus orientée vers le cinéma dit expérimental, en développant un travail de production avec l’édition vidéo de compilations de courts-métrages sous l’appellation "Des films sans qualité" (avec Henri-François Imbert, Pip Chorodov, Denis Chevalier ou Pierre Merejkowsky), créant un réseau d’échanges avec des structures associatives, institutionnelles et des galeries, en France et à l’étranger.

L’association a été reconnue par son travail dans le domaine des courts-métrages en super 8, mais aussi à travers ses collaborations avec des plasticiens, des musiciens et des performeurs, ce qui l’a amenée à s’interroger sur ces différents supports de représentation. Parallèlement, elle a aussi créé une cinémathèque virtuelle dédiée à l’archivage de films de familles et d’amateurs sous le nom de Cinememoire.net.

Installé depuis 1996 à Marseille, Circuit Court n’a jamais dissociée la production et la diffusion de documentaires, de films d’animation, de l’art vidéo et des arts numériques sous forme de programmations, d’installations et de performances. Circuit Court organise depuis 2004 les rencontres internationales des arts multimédia (RIAM) à Marseille, dans la continuité d’une démarche développée depuis plus de dix ans. S’inscrivant dans des réseaux disséminés, les RIAM dessinent un parcours dans la ville, donnant la possibilité à chacun de trouver un temps de rencontre avec les œuvres, avec un nombre restreint d’artistes, qui sont autant de choix affirmés et soutenus. Nous ne cherchons pas à définir les "arts multimédia" en tant que champ autonome, mais à réintégrer ces pratiques dans une continuité, à travers l’établissement de passages entre la création contemporaine et une réflexion sur les enjeux esthétiques et éthiques des technologies.

La désignation "films sans qualité" peut s’entendre comme un programme face à un champ audiovisuel où règne l’efficacité stérile des produits finis. Il s’agit avant tout mettre en avant la dimension "indépendante" à l’intérieur d’un champ cinématographique de plus en plus soumis à la fois aux producteurs, aux réseaux de distribution et à la logique de "l’audimat" dans l’approche des publics. "Mal fait, bien fait, pas fait" disait déjà Robert Filliou en établissant un principe d’équivalence. S’il est impossible de définir la "qualité", ces cinéastes jouent avec dérision de ce critère, introduisant de l’absurde, de l’ironie et du non-sens dans leurs films pour en faire une stratégie subversive. Il s’agit aussi de désacraliser les rituels et les codes qui cernent le territoire du "cinéma d’auteur", dans une filiation artistique qui passe par les comédies slapstick, le cinéma série B, dada, Fluxus, les films des situationnistes et des lettristes jusqu’aux vidéoclips, les Shadocks ou Jackass. Un réseau d’affinités électives. qui comprend le détournement des films de famille amateurs ou le recyclage d’autres sources d’images non "cinématographiques". Dans un même mouvement, ils refusent les logiques de production imposées par l’industrie, comprenant la hiérarchisation et la division du travail en équipe, pour mettre en place une structure souple, à échelle humaine, basée sur la collaboration et l’auto-production. L’ironie est portée vers les capacités techniques d’un cinéma ultra ficelé et performant pour mettre en avant sa stratégie critique du point de vue des sujets abordés. A rebours des grands discours sur la position de l’Auteur, ils ouvrent le cinéma à l’incohérence, à l’hésitation maladroite, à la banalité exubérante, avec un goût prononcé par l’échec et la destruction fugace.

Mise à jour: lundi 1er octobre 2007